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Déficit de bureaux verts dans les grandes métropoles mondiales

Avec la décarbonisation qui s’impose progressivement dans l'agenda des entreprises, l’engouement est fort pour les bureaux à faible consommation et émission d'énergie, dans les grandes villes du monde.   D’après une analyse réalisée par le Conseil international en immobilier Savills, auprès de 20 grandes métropoles mondiales, les bureaux certifiés verts représentent actuellement une moyenne de 22 % du stock total, moins de 15 % à Los Angeles et à la City à Londres, plus de 40 % à Varsovie, San Francisco et New York.  

Selon l'indice Savills Office Deficit, les villes où le défi est le plus grand sont Los Angeles, Paris, Francfort et Séoul. Les prévisions de développement pour Paris et Francfort ne pourraient satisfaire que l'équivalent de trois à six mois des demandes de la part des occupants. Séoul est un autre marché qui va connaître une baisse de l'activité de construction au cours des deux prochaines années. Les nouvelles offres ne correspondront qu'à environ sept mois d'occupation et 70 % de son stock est daté.

Eri Mitsostergiou, Directeur Monde Research de Savills, commente : « La demande d'espaces de bureaux performants dans ces villes est motivée par la flambée des prix de l'énergie, le cadre législatif propre à chaque pays, ainsi que par la course aux talents. Le désir de travailler dans un environnement durable est une priorité pour les générations à venir et ne doit pas être sous-estimé. Les entreprises doivent donc sécuriser cet espace "vert" pour rester compétitives et prospérer. »

Face à cette demande croissante, les immeubles de bureaux éco-performants sont les premiers à être occupés, les entreprises utilisatrices doivent se tourner vers de nouvelles constructions pour répondre à leurs besoins. Les promoteurs, parfaitement conscients de cette demande, ainsi que de la prime de location obtenue par les immeubles verts certifiés nouvellement construits, relèvent le défi. Selon Savills, la livraison d'espaces de bureaux neufs ou rénovés dans les 20 villes étudiées d'ici 2024 sera supérieure de 22 % à la moyenne annuelle des cinq dernières années.

Des vents contraires viennent cependant perturber cette réserve de nouvelles constructions ; le ratio de nouvelles offres pourrait encore baisser, car plusieurs projets seraient en attente en raison de la hausse des coûts de construction et de l’énergie et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement.  

Elena Lutterkort, Responsable Développement Durable de Savills France
, précise : « Le rythme des nouvelles constructions est également susceptible de ralentir à l'avenir, en raison de l'attention croissante portée à la réduction des émissions de carbone liées à la construction. Cela va également accroître la pression sur les propriétaires pour qu'ils améliorent les performances de leurs immeubles de bureaux par la rénovation et la mise à niveau. »

Les réglementations gouvernementales en matière de performance énergétique se renforcent rapidement à l'échelle mondiale, ce qui accélérera les initiatives de rénovations et de mises à niveaux prises par les investisseurs et les propriétaires désireux d'atténuer le risque d'immobilisation des biens dans leurs portefeuilles. En prenant 2010 comme année de référence, Savills a calculé que plus de 70% du parc total de bureaux a été construit avant cette date, ce qui correspond à environ 1,9 milliard de m2 d'espace nécessitant une attention quasi immédiate.

« Le défi à relever pour combler le déficit de bureaux verts est énorme », partage Eri Mitsostergiou, « mais comme il est peu probable que la demande ralentisse, c'est à l'industrie de contribuer à transformer l'avenir du lieu de travail et à atténuer les impacts du changement climatique. »

 

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