L’enquête la plus récente d’INREV sur le sentiment des investisseurs au quatrième trimestre 2025 révèle une préférence marquée pour les marchés d’Europe du Sud, ainsi qu’une nette amélioration du sentiment à l’égard de l’Allemagne ces derniers mois.
Les discussions autour de la présence au bureau et de l’obsolescence des immeubles sont aujourd’hui moins présentes qu’il y a 12 à 24 mois, et les acquéreurs se montrent désormais plus enclins à concrétiser les transactions.
Cette tendance s’inscrit étroitement dans les dernières prévisions de croissance du PIB en Europe. Selon Oxford Economics, la croissance du PIB de la zone euro devrait atteindre 1,0 % en 2026, puis 1,6 % en 2027. À l’échelle européenne, les économies d’Europe centrale et orientale ainsi que d’Europe du Sud devraient afficher les taux de croissance les plus élevés en 2026, portées par une demande intérieure et des investissements en hausse.
Les perspectives économiques de l’Europe de l’Ouest devraient nettement s’améliorer l’an prochain ; l’Allemagne, par exemple, anticipe une croissance du PIB supérieure à 2 % en 2027. Au cours du T4 2025, les rendements moyens des bureaux « prime » en Europe sont restés stables à 4,9 %. Munich (-10 pdb), Hambourg (-10 pdb) et Prague (-10 pdb) ont tous enregistré une compression des rendements, tandis que Bucarest a connu une hausse de 20 pdb.
Pour le marché français, Alexandre Wodka, Head of Investment chez Savills France, déclare : « Big is back ! L'investissement en actifs de bureaux a retrouvé des couleurs en 2025, avec 6,7 milliards d'euros. Mais cette apparente renaissance masque une réalité plus nuancée : 40% de ce volume provient de seulement 7 grandes transactions, dont une seule en dehors de Paris. Le marché reste ainsi très polarisé, tant géographiquement qu'en nombre d'opportunités. C'est donc en partie un marché en trompe-l'œil. »
Mike Barnes, Directeur au sein de l’équipe European Commercial Research de Savills, ajoute : « Les utilisateurs se montrent plus fidèles à leurs implantations et privilégient le renouvellement de leurs baux, en raison à la fois de la pénurie de bureaux prime bien situés et du coût élevé des aménagements, qui a augmenté en moyenne de 67 % au cours des cinq dernières années. Les propriétaires sont ainsi en mesure de capter une hausse des loyers lors des renouvellements de baux, générant une croissance locative réelle et renforçant l’attractivité des actifs prime auprès des investisseurs. Compte tenu de la faiblesse de l’activité de développement, nous anticipons une progression moyenne des loyers prime de 3,7 % en 2026. »
James Burke, Directeur – Global Cross Border Investment chez Savills, précise : « Le sentiment des investisseurs est en train de s’inverser et nous observons déjà, par exemple, une nette hausse de l’intérêt pour l’Allemagne, portée par les anticipations d’un rebond économique en 2026. Des conditions de financement redevenues attractives élargissent le cercle des investisseurs, et nous anticipons une poursuite de la reprise des volumes d’investissement en Europe cette année. »