Selon la dernière étude du Conseil international en immobilier Savills, les volumes d’investissement immobilier en Europe devraient atteindre 156 milliards d’euros au cours des trois premiers trimestres 2026, soit une hausse de 4 % sur un an. Toutefois, Savills souligne que la reprise reste contrastée selon les marchés.
Sur les neuf premiers mois de l’année, les volumes d’investissement en Europe centrale et orientale (CEE) devraient progresser de 34 % par rapport à la même période l’an dernier, devant les pays nordiques (+25 %) et l’Europe du Sud (+20 %). À l’inverse, les volumes d’investissement en Europe occidentale reculent de 5 %.
Savills souligne que l’Espagne continue d’attirer des capitaux importants, portée par une économie résiliente et un niveau de risque souverain jugé attractif par rapport à d’autres marchés. En Italie, les transactions de grande taille soutiennent l’activité d’investissement, avec un intérêt marqué pour le commerce, notamment en périphérie, l’hôtellerie et la logistique. Les stratégies value-add restent particulièrement présentes, tandis que les investisseurs core reviennent progressivement sur le marché.
Dans les pays nordiques, l’estimation plus modérée du troisième trimestre en Suède fait suite à un premier semestre dynamique, porté par plusieurs transactions de grande taille. Savills continue d’observer une demande soutenue de la part des groupes suédois et norvégiens, ainsi qu’un pipeline actif, laissant entrevoir une amélioration au quatrième trimestre.
En Europe centrale et orientale, la Pologne bénéficie des flux de capitaux intrarégionaux, notamment en provenance d’investisseurs tchèques. Par ailleurs, le développement des activités liées à la défense et à l’industrie manufacturière contribue de plus en plus aux perspectives de demande pour l’immobilier industriel.
James Burke, Director, Global Cross Border Investment chez Savills, déclare : « Les secteurs résidentiels et living représentent désormais plus de 30 % des volumes d’investissement en Europe au cours des trois premiers trimestres de l’année. Cette dynamique s’accompagne d’un regain continu de l’activité d’investissement dans le commerce, les centres commerciaux suscitant notamment un intérêt marqué. Du côté des sources de capitaux, nous continuons d’observer des flux intra-européens soutenus en provenance du Royaume-Uni, de la France, de la Suède et de l’Allemagne. Les investisseurs américains restent la première source de capitaux internationaux à destination du marché européen, tandis que les investisseurs canadiens devraient accroître encore leur activité à l’avenir. »
Lydia Brissy, Director au sein de l’équipe European Commercial Research de Savills, ajoute : « Les perspectives d’une compression généralisée des taux de rendement se sont estompées et des évolutions à la hausse sont désormais attendues sur un nombre croissant de marchés et de secteurs. Les bureaux et le commerce devraient notamment présenter les écarts les plus importants, les niveaux de prix distinguant de plus en plus clairement les actifs prime des actifs secondaires. Dans ce contexte, la performance des investissements dépendra moins de l’évolution des taux de rendement à l’échelle du marché que de la croissance des revenus, de la qualité de la gestion des actifs et de la capacité à identifier des opportunités lorsque les prix ne reflètent pas pleinement leur potentiel sous-jacent. »