Contexte économique
Ronronnant
L’économie française se distingue de la plupart de ses grands voisins et partenaires par sa résilience. Alors qu’un peu partout les perspectives économiques se dégradent et sont revues à la baisse, la France est relativement épargnée. Il n’y a rien d’époustouflant dans les performances hexagonales mais cette stabilité apparaît comme un solide argument de séduction dans un environnement volatil et de plus en plus incertain.
0,3. 0,3. 0,3… Régulier, ronronnant et, en même temps, rassurant : 0,3%, c’est pour le troisième trimestre consécutif, le taux de croissance de l’économie française. Pas de quoi pavoiser, mais dans un environnement international en constante dégradation, la France se singularise par sa résilience. Le chiffre du troisième trimestre est en effet légèrement meilleur que celui généralement attendu. L’acquis de croissance pour l’année en cours s’élève désormais à 1,2% alors qu’il n’était que de 1,1% en juin. Les dernières prévisions pour l’ensemble de 2019 s’établissent entre 1,3 et 1,4%, avec en perspective le maintien de ce rythme pour 2020.
Ce portrait paraît presque flatteur en comparaison du comportement de nombreuses économies voisines. Si le Royaume-Uni se maintient à un niveau d’activité proche de la France, le rythme de croissance ne cesse d’être révisé à la baisse avec un troisième trimestre moins bon qu’espéré. L’Allemagne a échappé de peu à une entrée officielle en récession au terme du troisième trimestre mais n’attend qu’une croissance de 0,5% en 2019, puis de 1 à 1,2% en 2020. En Italie enfin, l’économie devrait connaître une quasi-stagnation en 2019 (0,1%), avant de légèrement repartir de l’avant en 2020 (+0,6%).
La structure de l’économie française, moins exposée au commerce international que d’autres, explique ce qui apparaît presque comme une performance. Les exportations de biens et de services ne comptent ainsi que pour 31% du PIB français, contre près de la moitié pour l’Allemagne. La constante dégradation du commerce international, sous l’effet des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, l’affecte donc moins.
Le principal moteur de l’économie hexagonale reste la demande intérieure, qu’il s’agisse de la consommation des ménages ou de l’investissement des entreprises. Ce dernier progresse nettement (1,2% au troisième trimestre), les entreprises profitant des taux bas pour s’équiper. La consommation des ménages est elle-aussi à la hausse (0,3% pour les trois derniers mois). Elle profite de deux facteurs. D’abord, la bonne tenue du marché du travail, avec un taux de chômage qui devrait continuer de baisser lentement pour s’inscrire à 8,3% de la population active en fin d’année. Ensuite, la hausse du pouvoir d’achat observée depuis quelques mois et qui devrait se poursuivre au quatrième trimestre avec la nouvelle tranche de réduction de la taxe d’habitation. Au total, le pouvoir d’achat des ménages devrait progresser de 2,3% pour l’ensemble de l’année (contre seulement 1,8% en 2018).
Cette relative stabilité et cette résilience française apparaissent clairement comme des atouts dans un environnement international particulièrement instable. Ils permettent en effet aux décideurs économiques et aux investisseurs d’avoir une meilleure visibilité de moyen terme. Ce n’est pas pour rien dans l’intérêt suscité depuis plusieurs par le marché français à l’international.
Le marché de l'investissement en Ile-de-France
Vrombissant
Tout l’indique : le marché français battra un nouveau record au terme de 2019, avec un volume d’investissement qui devrait approcher les 35 milliards d’euros. Autre grande première, Paris s’impose comme la principale place européenne, devant Londres. Autant de performances qui sont d’autant plus appréciables qu’elles se font dans un environnement international beaucoup plus morose.
Volumes investis : Course au sommet
Le rythme des volumes investis sur le marché français ne cesse de s’accélérer depuis le début 2019. Le premier semestre avait été bon, le deuxième s’annonce exceptionnel. Le marché français dépasse ainsi la barre des 23 milliards d’euros placés au cours des neuf premiers mois de l’année : c’est 26% de plus que le niveau observé il y a un an. Plus remarquable encore : le marché se situe à 61% au-dessus de sa moyenne décennale. Le volume d’investissement record enregistré l’an dernier semble d’ores et déjà atteint : il sera battu au terme de l’année 2019.
Ce dynamisme est d’autant plus appréciable qu’il se fait dans un environnement international relativement morose. À l’échelle européenne, les volumes investis se rétractent : un peu moins de 190 milliards d’euros ont été placés au cours des trois premiers trimestres, affichant une baisse de près de 6%. La France est le seul des trois grands marchés européens à progresser. Elle consolide donc sa troisième place sur le podium, réduisant l’écart avec ses deux devanciers : l’Allemagne, qui totalise 55 milliards d’euros investis (-1%) et le Royaume-Uni (39 milliards d’euros, en baisse de 28%).
Mais l’événement le plus marquant et le plus symptomatique du succès rencontré actuellement par la France est sans nul doute la réussite de Paris : la capitale française s’impose comme la principale place européenne sur le marché de l’investissement. Avec 16,9 milliards d’euros (+27%) investis depuis le début 2019, elle confirme être en passe de clore l’exercice annuel loin devant Londres (14,2 milliards d’euros, en baisse de 36%). Ce serait inédit. Munich s’impose au troisième rang mais, en dépit d’une hausse de 15%, reste loin derrière Paris et Londres (avec un volume de 4,6 milliards d’euros).
Origine des fonds investis : La France, marché refuge à l’international
Si le succès du marché français s’est consolidé avec l’été 2019, les clés de sa réussite ne sont pas nouvelles. La principale a un nom, clairement identifié depuis plusieurs mois : l’international. En dépit du ralentissement économique observé à l’échelle mondiale, les sommes que les grands investisseurs internationaux (notamment institutionnels) ont à investir sont considérables. Ce sont les placements, analysés au travers du compromis risque / rendement, qui leur font parfois défaut. L’instabilité politique et commerciale actuelle y est pour beaucoup, ainsi que l’environnement monétaire. Aux yeux de ces investisseurs, l’immobilier – et tout particulièrement l’immobilier français – apparaît potentiellement très attractif. D’abord parce que la France séduit par sa résilience économique, par la qualité et la solidité de son marché locatif et, enfin, par sa stabilité institutionnelle, qui apparaît désormais presque comme un privilège parce qu’elle autorise une visibilité de moyen terme. La France bénéficie en outre de la baisse de la monnaie européenne par rapport à la plupart des devises internationales, qui confère à son immobilier un avantage compétitif et laisse entrevoir une possibilité d’upside.
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