Savills

Article

Cadre de vie

Les decisions de vie se façonnent de plus en plus sous l'effet conjugué de l’influence sociale, de la personnalisation et de la recherche d’expériences porteuses de sens.

Les effets de concentration entraînent le déplacement des cercles d’amis vers certaines destinations, suivant souvent l’initiative d’un individu lorsqu’ils explorent de nouveaux marchés. Pour les conseillers et les promoteurs, le facteur temps est déterminant et cibler les premiers arrivants peut donner le ton pour toute une cohorte.

L’accès aux meilleurs commerces, à l’hôtellerie haut de gamme et aux établissements de santé de qualité demeure essentiel. Londres occupe la première place du classement pour le pilier « cadre de vie » grâce à la richesse de son offre en matière de commerces, de gastronomie, d’hôtellerie, de clubs privés et de qualité de vie. Face à l’évolution des régimes fiscaux au Royaume-Uni, le fait que Londres reste la première destination des particuliers fortunés pour son cadre de vie confirme l’attrait durable de la capitale britannique.

Le shopping devient plus privé et plus sélectif, les stylistes, les défilés privés et les avant-premières sur invitation s’imposant comme la nouvelle norme. Si l’artisanat demeure central, les marques de mode et de lifestyle mettent de plus en plus l’accent sur l’héritage et la durabilité. Les collaborations sur mesure et les collections artisanales en édition limitée, qui traduisent des récits culturels, sont particulièrement recherchées, la mode devenant un moyen d’expression des valeurs et de l’identité.

Les principales destinations selon le nombre de boutiques des grandes marques sont, sans surprise, Tokyo, Séoul, New York, Paris et Londres : les capitales mondiales de la mode. Les marques en tiennent également compte, ouvrant des boutiques permanentes et éphémères (pop-up stores) dans des lieux comme Saint-Moritz en février, ou les Hamptons et la Côte d’Azur en août, illustrant l’importance croissante pour elles d’accompagner leurs clients tout au long de l’année.

La gastronomie dépasse désormais la simple dimension culinaire : elle met en avant l’histoire et l’origine des produits. Les expériences immersives se multiplient, souvent dans des cadres intimes ou privés, où la traçabilité et la durabilité occupent une place centrale. Les dîners privés signés par des chefs étoilés Michelin continuent de séduire, tandis que des clubs gastronomiques comme The Arts Club associent cuisine raffinée, bien-être et longévité. Le Guide Michelin demeure une référence incontournable du luxe. Les principales destinations de l’Indice HNWI Hotspot pour le nombre de restaurants référencés au Guide Michelin comprennent Tokyo et Paris, avec plus de 500 établissements chacune ; New York, Londres et la Côte d’Azur, avec plus de 300 chacune.

Les destinations comptant le plus grand nombre d’hôtels de luxe incluent Bali, Londres, Paris, New York et Pékin, chacune avec plus de 120 établissements classés selon STR. Mais si l’on considère la part d’hôtels de luxe par rapport à l’ensemble de l’offre hôtelière, les stations de villégiature conservent de loin la première place. Les îles Turques et Caïques, Gstaad et Courchevel arrivent en tête, avec plus de 75 % de l’ensemble des chambres d’hôtel relevant du segment du luxe. La personnalisation est désormais le principal facteur de différenciation, les clients recherchant des expériences sur mesure. Les hôtels de luxe répondent à cette demande en proposant des expériences culturelles immersives : visites culturelles, ateliers artisanaux ou récits culinaires. Le bien-être est également devenu un pilier central, avec le développement de retraites axées sur la longévité, des spas silencieux et des programmes de biohacking (optimisation du corps et de l’esprit). La confidentialité est primordiale : les domaines privés, îles exclusives et complexes réservés aux membres gagnent en popularité en offrant discrétion et exclusivité. Ces établissements proposent souvent des itinéraires personnalisés, un personnel dédié et une sécurité intégrée. 

Les clubs privés se transforment eux aussi. Dans un monde ultramobile, l’accès mondial est devenu essentiel. Les réseaux de clubs privés offrent une expérience cohérente d’une ville à l’autre, tandis que les nouveaux établissements mettent davantage l’accent sur la communauté, le bien-être et les valeurs partagées. Ces espaces sont multifonctionnels, permettant de travailler, de tisser des liens et de se ressourcer. Le club privé contemporain reste fondé sur l’exclusivité, mais met de plus en plus l’accent sur la création de liens entre personnes partageant les mêmes centres d’intérêt à travers le monde.

La santé est de plus en plus perçue comme le signe ultime de richesse, stimulant les investissements dans des environnements qui favorisent le bien-être physique, mental et émotionnel. Les milieux urbains sont réévalués à l’aune de leur impact sur la santé, beaucoup recherchant désormais l’espace et le contact avec la nature dans leurs résidences secondaires. Les propriétés isolées, notamment en Nouvelle-Zélande, suscitent un intérêt croissant, aussi bien national qu’international.

Les programmes de bien-être proposés par les hôtels et les spas s’appuient sur des données biométriques et intègrent des pratiques de pleine conscience, de méditation et de déconnexion numérique. La recherche de la performance optimale alimente l’intérêt pour les cliniques situées en Suisse et en Californie, entre autres, qui proposent des bilans de santé complets, des analyses génétiques et des protocoles personnalisés dans le cadre de retraites de santé annuelles.

 

Autres articles en lien avec cette publication

6 autres articles cités dans cette publication